J’AIMAIS, ET

J’AIME DONC

JEANLOUP

SIEFF

Contrairement à des amis du club, je n’ai pas eu la chance de le rencontrer lors de son exposition à Offranville en 1984. C’est certainement ma plus grande punition à mon entrée tardive au PCCO, car Jeanloup SIEFF m’accompagna dès mes premières amours photographiques. Ce n’est la avec le journal Elle, qui lui offrit sa chance dans la fin des années cinquante, que je le découvris, mais plutôt avec le magazine Photo qui dès son numéro un de juillet 1967 lui ouvrit ses pages. Et puis il y eut le choc, en 1978, de son livre sur la Vallée de la Mort. Ce fut alors la découverte de ses noirs profonds, de ses ciels plombés, des seins de Barbara (qui va devenir sa femme) surgis comme un soleil dans le désert américain, du visage ridé d’une vieille cuisinière américaine de snack bar. Et puis encore et toujours le noir, le vrai noir, celui où contrairement à tous les principes de tirage, le regard se perd, se noie comme dans l’eau d’un puits ; ce noir qui engloutit avec lui le secret de l’image. Ce contraste, cette violence de la lumière m’attirèrent tout naturellement vers les images de ce parisien d’origine polonaise, qui semblait résumer en deux couleurs, l’opposition permanente du monde : la peau et la matière, la nudité et le vêtement, la terre et le ciel. Dès lors, j’allais m’attacher à suivre pas à pas son oeuvre. J’appris donc à reconnaître ses photos de mode dans Vogue, qui lui offrit le luxe de rencontrer de belles femmes, de les photographier et d’être payé pour cela, ses images publicitaires uniques comme celles des chaussures Carel, ses photographies de derrières postérieurs à Mai 68, ses corps légèrement habillés par la lumière et teintés d’un érotisme puissant, ses portraits de célébrités comme cet émouvant visage de François HARDY qu’il réussit à saisir malgré la douleur de son cancer implacable. Mais Jeanloup SIEFF, c’était aussi l’amour des mots qu’il aimait faire s’entrechoquer, triturer pour un jeu de mots ou un aphorisme digne de Cioran.

Avec Jeanloup SIEFF, l’image avait trouvé l’angle de la vie, son grand angle.

Au moment de refermer Provisoirement son album, on constate que presque toutes ses photos sont des images verticales, seul format
permettant de saisir la silhouette d’une femme, la blancheur d’une touffe d’herbe sous un ciel noir. Normal. On imagine mal Jeanloup
SIEFF vivre autrement que debout. Quoique… Quoique ses rares images horizontales soient celles des fesses allongées et couchées sur la lumière. Un fin duvet blond irise le grain de la peau. Le photographe, par exception, s’est allongé. Pour un moment magique.

Oui, décidément, j’aime vraiment les photos de Jeanloup SIEFF.

Eric RUBERT

Ouvrages indispensables et toujours disponibles :

  • l’incontournable Demain le temps sera plus vieux aux éditions Evergreen
  • Faites comme si je n’étais pas là aux éditions de La Martinière (2000)
  • A noter un livre posthume très attendu à paraître à l’automne 2001 : La terre se souvient de la guerre 14-18 dont le magazine Photo publie un inédit dans son numéro spécial de Novembre 2000.


Jeanloup SIEFF faisait partie de la mission photographique de la Somme pour ses reportages sur Les champs de bataille de la Somme.

Après des débuts de journaliste et de reporter photo polyvalent aux « Nouvelles de Versailles », puis une première agence créée avec un ami, Gérard Vandystadt se lance seul en 1977 et fonde l’Agence VANDYSTADT. Ses clients sont aujourd’hui les journaux et les magazines du monde entier, des fédérations : gymnastique, natation, escrime, tir à l’arc, athlétisme ou encore l’équipementier Adidas. Tous plébiscitent le style de la maison, identifiable au premier coup d’œil, bien que souvent copié.

Depuis plusieurs années, il édite de magnifiques livres de sport où images et textes sont magistralement mis en perspective. Ses préfaces, très personnelles, parlent un peu de sport et beaucoup d’autre chose : révoltes, coups de cœur, temps qui passe, amour. C’est sûrement là que réside le secret du style VANDYSTADT. Le sport est un prétexte pour raconter ce qui lui importe le plus : un formidable amour de la vie.

REGARDS DU SPORT

Gérard Vandystadt n’aime pas spécialement le sport, n’en pratique aucun, redoute l’ambiance des stades de foot et ne comprendra jamais comment on peut adorer suivre pendant des heures un match à la télé. Pourtant, pour accéder à son bureau, il faut emprunter les couloirs d’une piste d’athlétisme. Il fréquente assidûment meetings de gymnastique et Coupes du Monde, a assisté à 15 Jeux Olympiques et ne désespère pas d’obtenir de Stéphane Diagana quelques haies qui agrémenteraient cette entrée originale. Les murs de son agence sont couverts de photos agrandies, belles et fortes comme des toiles de maître. Quelques-uns des 20 millions de clichés issus de ses collections, pris par lui-même ou l’un de ses collaborateurs.

Gérard Vandystadt sait voir ce qui est à la disposition de tout le monde, mais que les autres ne savent pas cueillir. Il crée les photos de sport que les journaux attendaient. Graphiques, harmonieuses, symboliques. Son goût pour le sport est intimement lié à une attirance immodérée pour ce qui est beau : « L’idéal, c’est le très grand champion qui fait le très grand exploit de façon très esthétique. Mais il ne faut pas être seulement à l’arrivée. Il faut rester en éveil, avoir l’œil de la mouche. Observer partout : le champion qui va exploser de joie, mais aussi le dernier, le favori battu, s’intéresser à ce qui va se passer un peu avant ou un peu après l’épreuve. »

Les photos signées VANDYSTADT fixent la vitesse et se jouent souvent au millième de seconde, elles immortalisent aussi autre chose que la performance, résistent au temps. Composées comme des tableaux, elles dépassent l’actualité. Intemporelles, elles vont au-delà du résultat, des records tombés, du score final. Mouvement, couleurs, lignes. Ce qu’elles cherchent à capter, à transmettre, c’est aussi la grâce et l’émotion, montrer les corps et les regards transcendés par l’effort, dire plutôt que décrire. Leur valeur s’affirme avec les années. Bien après qu’on ait oublié le nom de tel champion olympique du 400 mètres ou de tel gardien de but, on reste en arrêt devant leurs images, leurs gestes, leurs attitudes. Beaux à jamais, uniques, universels.

Nathalie Rosenblum

AU-DELA DU SPORT

C’est l’histoire d’un photographe invité d’honneur du trentième anniversaire du P.C.C.O.
Rencontre avec une histoire.

De profil, cela ne le fait pas. De face non plus d’ailleurs. Difficile en effet d’imaginer que cette silhouette, au petit ventre rond, peut être celle d’un des plus grands photographes de sport. L’homme ne s’en cache pas : il n’a jamais pratiqué d’activités sportives. Derrière la fumée d’une nouvelle cigarette, se cache un visage jovial, souriant, accueillant, chaleureux même. L’œil est malicieux et on le devine aisément scrutant le moment opportun derrière le viseur d’un Nikon ou d’un Canon, le moment où l’ombre de deux tribunes de football va se déplacer jusqu’à, pendant quelques secondes, insérer un gardien de but, semblable à un funambule, dans un faisceau de lumière.

Gérard Vandystadt n’a donc jamais pratiqué de sport mais, comme il le précise dans un de ses ouvrages, il « aime le sport au-delà du sport… ».

SAISIR L’ÉVÉNEMENT…

Après quelques mots échangés avec le créateur de l’agence qu’il constitua en 1977, pour devenir aujourd’hui la première agence française, ce credo est certifié, labellisé. Discuter avec lui est chose aisée car la langue de bois reste au vestiaire. Assis au milieu de tous, et non sur la scène, il explique avec un sourire ironique, combien les gens sont  » amis  » dans ce milieu de la photographie de presse où un petit siège de toile, apporté par un organisateur à un seul d’entre eux, fait office de privilège exorbitant. On se demande alors comment un homme d’apparence si affable a pu faire sa place dans un monde de concurrence extrême. La réponse, il l’apporte rapidement en commentant les photos de l’exposition : le talent. Même si, selon ses propos, ce sont les athlètes qui font les photos, on ne peut s’empêcher de penser que le photographe y est pour quelque chose. Il y a, bien entendu, d’abord les photos qui figent le moment opportun, l’instant décisif, tels ces documents de courses automobiles où les accidents créent l’image. La chance doit être au rendez-vous comme pour cette photo d’Alain Prost sautant de joie après son premier titre de Champion du Monde malgré une panne d’essence quelques centaines de mètres après la ligne d’arrivée, document extraordinaire qui a dû éviter au photographe une belle remontée de bretelles car « il n’aurait jamais dû se trouver à cet endroit de la piste : il ne devait rien s’y passer ». Ces photos uniques, exceptionnelles, ne sont probablement pas les photos préférées de Gérard Vandystadt.

…EN SACHANT ALLER AU-DELÀ

Celles qu’il aime, par-dessus tout, sont celles qui se suffisent à elles-mêmes, quels que soient le moment, le lieu, les acteurs, celles où le photographe a su atteindre l’indicible, la beauté, l’art. Il se montre ainsi très heureux du choix de l’affiche par le P.C.C.O. qui découvre une athlète (Cathy Freeman), assise sur la piste, le regard et la main tendus vers une autre main inconnue. Cette vue va « au-delà du sport… », elle est universelle et le fait que l’athlète soit championne olympique n’ajoute rien à la beauté. Le photographe a su saisir un moment d’humanité « dans un vaste bordel qui règne autour ».

Le message de Gérard Vandystadt est bien là : photographier l’événement, bien sûr, mais savoir aller au-delà. Aussi est-il plus tendu quand il parle du numérique, qu’il utilise, évidemment, mais occasionnellement car « toujours inférieur en qualité à l’argentique ». Il s’énerve un peu quand on évoque sur une de ses photos un possible trucage réalisé à l’ordinateur. Mais la réaction est encore plus virulente quand il fustige ses confrères qui photographient « la première minute d’un programme de patinage artistique, puis passent les trois autres minutes à pianoter sur leur ordinateur pour être les premiers à adresser leurs photos à leurs journaux. Moi, je continue à photographier car l’image à faire sera peut-être celle de la dernière seconde ». Le message est clair et on le comprend quand le directeur d’agence parle des hommes, des femmes qu’il photographie, « Zidane, taciturne mais tellement sollicité ; Galfione, si beau et si gentil », ou de ceux avec lesquels il travaille, « une quinzaine de photographes permanents et une soixantaine au total avec les pigistes », qui doivent tous coller avec cette philosophie de l’au-delà, de l’esthétisme. C’est le cas de Bruno Bade, de Philippe Montigny, recruté sur un book – « c’est exceptionnel » – et qui, deux ans plus tard, réalisa la meilleure photo du Tour de France 2000, où là encore, au-delà de l’événement, le photographe sut saisir, dans l’alignement rouge et bleu d’une équipe, la verticalité disparate d’un maillot jaune, intrus coloré, et en tête d’un groupe uniforme. Un symbole, une image, sans nom, ni lieu.

Pourtant, cette philosophie n’est certainement pas suffisante pour réussir et il faut aussi savoir jouer des coudes.
Après trente ans d’activité professionnelle, Gérard Vandystadt n’a toujours pas accès aux dix places attribuées sur la pelouse des Jeux Olympiques, alors qu’une agence, créée quelques mois auparavant par Bill Gates, est déjà sur la pelouse de Sydney. Pareillement, il propose après l’Euro de réaliser, à titre gracieux, une photo souvenir des bleus, pour marquer leur fabuleuse aventure : par sympathie… Mais la F.F.F. appelle l’agence, quelque temps plus tard, pour réclamer une participation financière ; comme le dit Gérard Vandystadt avec un sourire amer : « sans doute pour leurs bonnes œuvres… ». Alors, il faut lutter pour vendre ses photos, transiger avec des exigences de sponsors, répondre aux lois du marché tout en ne vendant pas son âme au diable.

C’est dans la fosse, un lieu qui n’a jamais autant mérité son nom, que se préparent les grandes photos des J. O. ou des grandes épreuves d’athlétisme. « Nous sommes peut-être 800 à vouloir saisir l’arrivée du 100 mètres, course que nous couvrons pour l’agence à une quinzaine, du départ à l’arrivée. Pour une course qui se déroule en début d’après midi, il arrive que l’on s’installe dans la fosse à une heure du matin ». Quant on écoute le directeur d’agence, on devine aisément que le stress des photographes est au moins égal à celui des athlètes. « On n’a pas le droit à l’erreur. Si on se loupe, il faut attendre… quatre ans ».

Alors le matériel, les pellicules, tout cela semble anecdotique et sans grand intérêt. L’essentiel est dans le regard du photographe, ce regard qui arrivera à faire d’un contre-jour saisi lors d’une compétition olympique en fauteuil roulant, un superbe symbole d’une victoire sur la vie, ou bien transformer une photo des cyclistes du Tour de France dans les tournesols, en document exceptionnel, malgré un thème mille fois ressassé. Le Tour, cette course magique où les photographes de l’agence anticipent souvent sur le peloton à la recherche d’un point de vue original, favorisent par là même certaines rencontres… intéressantes : « On pénètre un peu chez des vieilles dames sans trop de cérémonie et on repart très vite en s’excusant des exigences de notre métier. ». Parfois même, il arrive au malheureux photographe de devoir repartir rapidement alors que l’hôtesse insiste. On devine, au regret toujours perceptible de Gérard Vandystadt, que la dame ne devait pas être si vieille que cela.

Mais pas le temps, ce temps si terrible qui fera d’une superbe photo d’aujourd’hui, un très bon document dans deux ans, et une illustration dans cinq ans. Ce temps, juge implacable, aune véritable de la beauté d’une photo.

SURVOLER LE TEMPS

Au moment de se séparer, je regarde une dernière fois cette superbe exposition de 105 photographies devant lesquelles plus de 1 500 visiteurs se sont longuement attardés. Une image me marque particulièrement : un coureur africain semble voler au-dessus du sol. Il n’est qu’une silhouette. Au-dessus de lui, une branche le couvre de son ombre comme pour le protéger. On ne distingue pas le dossard, on ne sait rien de la course, du lieu. Intemporelle, elle saisit un moment magique. Celui qui confine à la beauté. Cette silhouette, dans dix ans, je l’aurai toujours dans ma mémoire. Cette photo est belle, elle est « au-delà du sport ».

Éric Rubert

« Alphonse Edmond Georges MARCHAND, communément appelé Georges MARCHAND, né à Dieppe le 24 avril 1876, décédé le 11 novembre 1964, était le fils d’Edmond MARCHAND, paléographe enlumineur qui exploitait un fonds de papetier relieur 174 Grande Rue à Dieppe. Orphelin de bonne heure, il eut la charge d’élever ses dix frères et soeurs, étant l’aîné de la famille. Il modernisa tout d’abord l’atelier de reliure familial, s’inventa un système de reliure permettant de réduire le prix de revient puis, fit construire un atelier et un laboratoire de photographie au-dessus de l’immeuble 174 Grande Rue et se lança dans la photographie. Il fut un des premiers à utiliser le procédé de la phototypographie pour réaliser des cartes postales qui eurent un grand succès. Dieppe et sa région furent le champ d’action de son activité photographique et il n’est pas un coin dont il ne sut rendre le caractère avec un sens très artistique. Certaines de ses cartes eurent un tirage considérable à l’époque et l’une d’elles, Le phare un jour de tempête, qu’il avait réalisée avec un appareil construit de ses mains pour pouvoir affronter les vagues, tira plus de 100 000 exemplaires. Pour réaliser ses prises de vues avec le matériel encombrant de l’époque, il circulait à travers la région dans une voiture à âne, ce qui lui laissait le loisir d’admirer les paysages et de les fixer sur la plaque sensible.

Ceci lui provoqua quelques aventures pittoresques car tous les propriétaires n’acceptaient pas qu’on photographiât leurs propriétés et ceci est l’objet d’une anecdote amusante : un jour, un propriétaire récalcitrant lui ayant refusé son autorisation, Georges MARCHAND défit ses chaussures et descendit dans le lit de la rivière pour faire la prise de vue ; le propriétaire furieux brancha alors son tuyau d’arrosage pour arroser le photographe, ce qui n’empêcha pas celui-ci de réaliser un très beau cliché qui fit rire tout le pays avec, en premier plan, le propriétaire furieux avec sa lance en action.

Il fut l’un des premiers reporters photographes et à l’époque des premiers circuits automobiles de Dieppe, il réalisa toute une collection des premières automobiles, véritables bolides atteignant des vitesses qui seraient considérées actuellement comme insignifiantes et conduites par des chauffeurs couverts de peaux de biques avec des lunettes étanches pour les protéger de la poussière et coiffés d’un serre-tête. Sa famille possédait une collection complète de ces cartes postales, malheureusement détruite lors de la guerre, où toutes les marques : Léon Bollée, Voisin, Panhard, Renault, de Dion Bouton, Opel, Daimler, Isota Frachini et combien d’autres actuellement disparues étaient représentées conduites par les champions de l’époque héroïque du début de l’automobile.

Il intéressera les dieppois de savoir que c’est grâce à l’initiative du Directeur de l’usine à gaz LEBON & Cie qui offrit aux organisateurs du goudron de houille, dont il ne savait que faire, que fut goudronnée pour la première fois la route de Criel où avait lieu la course, ce qui permit de réaliser en ligne droite la vitesse de 100 km à l’heure, chose qu’il aurait été matériellement impossible aux concurrents de réaliser en raison du nuage de poussière que soulevaient les véhicules et aveuglait les poursuivants.

Georges MARCHAND se maria à l’âge de 30 ans, après que furent élevés ses dix frères et soeur, avec Angèle LANCHON, dont il eut sept enfants. Le logement du 174 Grande Rue devenant trop exigu, il vendit son fonds et acheta la propriété de la Baronne TRAVAUX, 23 bis rue du Faubourg de la Barre où il créa l’allée Trianon. Il suivit les cours par correspondance de l’école Eyroles de travaux publics et réalisa lui-même les plans des maisons qu’il construisit lui-même et qu’il réalisa au moyen d’agglomérés de ciment coulés avec des machines de sa conception. La guerre contraria ses projets mais, n’étant pas mobilisé en raison de sa nombreuse famille, il reprit la photographie et fit le portrait des Tommies qui s’étaient installés à Janval dans la briqueterie Legros et alentour, et ouvrit un studio de photographie d’art et de portraits.

Nombreux sont les dieppois qui ont des photos de famille réalisées dans l’atelier de l’allée Trianon et qui portent la signature G. MARCHAND.

Après la guerre Georges MARCHAND loua la carrière de la rue Montigny où sont actuellement installés les Laboratoires de la Biomarine pour y fabriquer du carbonate de chaux pour les verreries et du blanc d’Espagne et, en 1924, il acheta le bois de Pimont où il aimait à réunir ses enfants, ses trente-deux petits-enfants et ses arrière petits-enfants. Il se fit exploitant forestier et continua l’exploitation jusqu’après la guerre  1939-45, époque où il se retira à Saint-Aubin-le-Cauf où il décéda à l’âge de 88 ans, entouré de l’estime générale.

Doué d’un sens artistique, hérité de son père, ayant l’esprit d’entreprise et le sens commercial atavique des normands, il avait l’esprit très ingénieux que en fit un novateur dans bien des domaines. Autodidacte, il se tenait au courant de tous les problèmes économiques ou philosophiques et avait une culture générale très étendue.

Il possédait une remarquable bibliothèque avec de nombreux livres anciens rares et notamment de vieux livres de médecine. Il connaissait sur le bout du doigt les vertus des plantes et s’était intéressé passionnément à la radiesthésie qu’il pratiquait avec talent, d’une manière totalement désintéressée. Il entretenait une nombreuse correspondance avec les spécialistes de la question.

Ayant pas mal voyagé, notamment en Algérie, il avait conservé un esprit patriarcal. Doué d’une grande simplicité, il était accueillant aux petits et aux humbles. D’une droiture de caractère sans faille, il avait de nombreux amis dans tous les milieux et était estimé et respecté de tous.

Tel était Georges MARCHAND. »

Texte : Edmond MARCHAND.

Les images sélectionnées dans notre galerie sont extraites de l’exposition réalisée par le P.C.C.O en 1986 à partir des négatifs originaux de Georges MARCHAND. Nous remercions Messieurs Claude FÉRON et Pierre VERBRAEKEN qui ont permis cette rétrospective en nous ouvrant leurs collections.

Entré au Photo-Ciné-Club Offranvillais à l’automne 1975 dont il devient Vice-Président l’année suivante, Francis Leroux sera élu en mars 1977 au Conseil d’Administration de l’Union Régionale d’Art Photographique de Normandie. Il assumera le poste de Trésorier de cette association jusqu’en mars 2000.

Sous son impulsion les sorties photo ont vu le jour, le dimanche d’abord, le week-end ensuite. En 1978, il inaugure un nouveau type de séances qui fera bientôt école dans d’autres clubs : « Un soir, un auteur » propose une carte blanche à un photographe qui présente et révèle sa démarche photographique à la faveur d’une soirée débat.

Photographe de talent, il réalisera de nombreuses expositions d’auteur sur le plan régional et sera l’artisan de la renommée du P.C.C.O. dans les compétitions à l’échelon national. Nos expositions collectives, « PHOTO-SHOW », ont gagné en notoriété grâce à la qualité de ses images et de son enseignement.

Son enthousiasme communicatif et sa disponibilité de tous les instants ont permis à notre club de démarrer le cycle de ses grandes manifestations anniversaires tous les cinq ans, dès novembre 1980. En avril 1991, les « 20 ans » du P.C.C.O. au Colombier d’Offranville, au C.A.C. Jean-Renoir et à la M.J.C. Centre de Dieppe constituèrent son point d’orgue et le Photo-Ciné-Club Offranvillais lui doit une profonde reconnaissance.

La Fédération Photographique de France honorera les qualités d’animateur et de gestionnaire de Francis Leroux en lui décernant, en juin 2000, la médaille pour services rendus à la photographie.

Paysagiste, maître incontesté du Noir-et-Blanc au sein du Photo-Ciné-Club Offranvillais, Francis Leroux nous a quittés, sur la pointe des pieds, comme pour ne pas déranger, le jeudi 19 octobre 2000. Pendant un quart de siècle, cet homme généreux et fidèle en amitié n’a jamais cessé de travailler pour restituer, par la photographie, une nature qu’il savait si bien transcender. Sa technique allait toujours s’améliorant et rien ne lui faisait plus plaisir que de partager son expérience avec les autres.

Ses archives constituent un trésor inestimable pour tous ceux qui l’ont connu, chaque image étant porteuse d’une puissante charge émotionnelle. Le visiteur, dégagé de ce côté affectif, retiendra l’acuité du regard, la rigueur et parfois le dépouillement des compositions, la qualité du tirage qui font de chacune des photographies que nous avons sélectionnées une délicate miniature sinon une véritable oeuvre d’art.

Cette rétrospective de son oeuvre, dans la Maison du Parc, sous le Musée Jacques-Emile-Blanche, aurait sans doute amusé Francis LEROUX, lui qui n’imaginait pas, dans sa modestie coutumière, que ses photographies puissent un jour entrer, presque, au musée.

Jean-Jacques DEJEUNES

Guy Lejeune, retraité de l’Éducation Nationale, travaille presque exclusivement le Noir-et-Blanc. Ses sujets de prédilection : le paysage (format 6×6 Hasselblad et HP5-Plus), et le reportage (24×36 Nikon/Leica et TriX/HP5-Plus). Après avoir fait ses premières armes à l’Union Photographique Rémoise, il crée en 1970 le Photo Club de Sissonne qui se classe plusieurs années de suite dans les cinq premiers de la Coupe de France ce qui lui vaudra le titre de « Lauréat de la Coupe de France ».

En 1993, il quitte Sissonne pour s’installer à Laon où, avec quelques amis, il fonde le groupe Alpha France. Sa passion de l’image et de la communication l’amènent à fonder, en 1997, le Groupe Européen des PHOtographes (GEPHO) dont il est Président.

Animateur de stages Noir-et-Blanc, il est aussi un grand voyageur, toujours à la recherche d’horizons nouveaux et de photographies nouvelles. Il éprouve une grande admiration pour Ansel Adams, son maître en paysages. En reportage, il fait volontiers référence à Salgado, Depardon, Cartier-Bresson, Marc Riboud et bien d’autres.

Auteur de plusieurs ouvrages d’images photographiques, Guy Lejeune compte plus de 400 distinctions dans les salons nationaux et internationaux et a, à son actif, de nombreuses expositions personnelles en France et à l’étranger.

Jean-Jacques DEJEUNES

DES PAYSAGES ET DES HOMMES

« Un paysage me fascine toujours quand il m’apporte son silence, sa profondeur. Ce paysage n’est pas une chose. Je le crée en le fixant face à moi ou en entrant dedans. Dans le paysage, il y a la vie, et d’abord celle de qui le construit pour soi, pour les autres et pour la photographie.

La photographie par son réalisme intrinsèque nous fait forcément passer par l’extérieur du monde, mais elle nous fait aussi connaître l’intérieur des choses et l’intérieur de nous-mêmes. Pour moi, parcourir un pays n’a pas de sens en soi, mais s’y arrêter, observer, évaluer, imaginer une composition constitue un véritable voyage intérieur. C’est alors que le paysage reçoit son sens profond.

Voilà pourquoi la nature me séduit, telle qu’elle m’apparaît, telle que façonnée par l’homme, dont notre temps pose avec force ses rapports à son environnement. Il est donc logique que mon regard se pose également sur l’homme. Celui de la rue, celui de la terre, celui de l’usine… celui qui fait la vie au quotidien, celui qui, sans artifices, sait faire briller mon regard et s’émouvoir mon cœur. »

Guy Lejeune

Vous n’avez plus que quelques instants à vivre…
C’est certain. Aucun moyen de vous échapper. Devant vous, une masse compacte vous fait face et s’apprête à foncer pour vous encorner. Dans une dizaine de secondes le rhinocéros blanc va charger. Rien ne dépasse, tout est parfaitement symétrique et donc puissant. Vous sentez déjà le sol trembler sous vos pieds. C’est fini.

Lorsque vous sortez de votre frayeur, vous constatez avec bonheur qu’il ne s’agit que d’une photo, certes grand format, mais un simple tirage d’exposition. Pourtant tout est là et la présence graphique révèle tout le talent de Bruno Calendini qui a déclenché au moment opportun, celui où l’animal est le plus compact possible. Peu importe, si l’image nous donne ou non une information naturaliste, l’essentiel n’est pas là. L’essentiel est dans l’émotion, l’esthétisme, le portrait.

Car avant 2005, des animaux sauvages, Bruno Calendini ne connaissait pas grand-chose. Photographe autodidacte, il s’était promis à ses débuts, il y a plus de 20 ans, de ne se spécialiser dans aucun domaine et de « toucher à tout » : mode, publicité, portraits, plateaux télé… « Je veux être un photographe éclectique » aime t’il souligner. Aussi, quand on lui propose de tester du matériel et plus précisément sa capacité d’autonomie, au Botswana, il accepte volontiers cette nouvelle expérience.

« Je ne voulais en aucun cas faire de la photographie animalière » poursuit-il, « ma volonté a été dès le début de rechercher l’émotion esthétique ». Premier symbole de cette démarche, l’utilisation du tirage sépia « parce que j’ai trouvé que cela fonctionnait bien dès le début et cela démarquait mon travail d’un travail de photographe naturaliste ». On aurait pu imaginer que ce choix monochrome diminuerait l’impact des images en atténuant la violence de la vie sauvage au Kenya, en Tanzanie, à Madagascar ou en Afrique du Sud. Or, il ne fait que valider la volonté esthétique initiale du photographe. Même la robe striée des zèbres, symbole du noir et blanc et tant de fois utilisée par les photographes, prend sous cette forme une nouvelle valeur.

Cette couleur sépia est aussi un petit clin d’œil à ces photos trouvées dans des boîtes à chaussures, témoignages d’un monde disparu ou qui va disparaître, une crainte qu’exprime le photographe pour l’avenir de la savane africaine. Simultanément, le sépia restitue fidèlement, et avec violence, un des choix du photographe : le rendu de la matière. La langue du lion cherchant à attraper quelques mouches importunes, la peau craquelée et terrifiante du crocodile, les plis de la peau humide de l’éléphant traversant la rivière au coucher du soleil, prennent ainsi une force inégalable, qu’accentue encore la qualité exceptionnelle des tirages. La matière figée et éclairée est belle et restitue la puissance de la nature.

La mort n’est peut être pas esthétique et l’on ne trouve dans le travail de Bruno Calendini aucune photo carnassière si chère aux photographes animaliers. La seule photo d’un repas est celle d’un guépard dont la proie, une gazelle, remplit opportunément le cadre dans une attitude de sommeil. Pas de sang, pas d’images clinquantes et même la violence, exprimée dans une énorme gueule ouverte d’un hippopotame, est magnifiée.

« Je veux sublimer ces animaux » explique le photographe et le graphisme est une autre facette de cette volonté. Parfois, cette démarche conduit à l’épure totale comme cette photo énigmatique de l’envol d’un héron cendré qui confine à l’abstraction, l’envol de l’oiseau copiant par mimétisme sa branche de départ. Les flamants du lac Nakuru forment, à contre-jour, des notes de musique blanches accrochées et suspendues à une portée invisible. Le cou de la girafe, sur la photo de couverture du livre Sauvages (*), semble raide, rigide, coincé dans sa netteté, par un autre cou ondoyant comme un serpentin flou.

Alors si la mort est absente, par contre l’instinct de mort est présent mais simplement évoqué, suggéré, sublimé. Les grands formats sont de rigueur à cette occasion et l’animal est seul, perdu dans l’immensité du paysage et des ciels qui appellent l’éternité : l’éléphant, silhouette lourde à côté d’un arbre hiératique dans la savane, le buffle massif perdu au lac Nakuru devant de frêles flamants ou encore le babouin dominant la vallée dans un bâillement qui ressemble à un cri de mort.

Les photos de Bruno Calendini ne nous apprennent rien du mode de vie des animaux mais à travers des « portraits », mot qu’il utilise souvent et qui explique bien sa démarche, il réussit sans aucun anthropomorphisme, à nous transmettre ce message : les animaux et la vie sauvage sont d’une beauté totale, à couper le souffle.

Par sa manière d’être, sa modestie, son écoute, le photographe a réussi son pari et sa patte d’éléphant recouverte de la terre d’Afrique qui s’envole sous la poussée du pachyderme nous raconte, plus que bien des discours, la beauté d’un monde qu’il faut savoir observer. Et préserver.

Éric Rubert

(*) Le livre Sauvages – Portraits animaliers est édité chez
Eyrolles & Le Monde de la Photo.
Il est disponible au prix de 36 euros.

À voir également le site Internet de Bruno Calendini :
www.vision-sauvage.com

Photographe professionnelle d’origine chinoise et ayant posé son trépied partout dans le monde, parfois dans des conditions extrêmes, Yan Gu-Prévost est actuellement installée à Rouen.

Elle a eu la gentillesse d’honorer le 45ème anniversaire du PCCO en accrochant certaines de ses œuvres à nos cimaises. Yan affectionne particulièrement les poses lentes et ses photographies sont toutes empreintes d’une grande poésie. Elle a également présenté quelques portraits sur lesquels transparaissent la philosophie et le mysticisme du bouddhisme tibétain.

Le Dimanche 30 octobre 2016 après-midi, elle a expliqué sa démarche au public à partir de deux images…

“Premières Lueurs Magiques du Lac Abraham” – Rockies, Canada

Le Lac Abraham est connu pour ses « Frozen Bubbles » (Bulles gelées) sous l’eau gelée, un phénomène naturel pendant l’hiver où les plantes au fond du lac diffusent du gaz méthane inflammable qui gèle en montant vers la surface… Ces bulles s’empilent en couches successives quand l’hiver rigoureux arrive… Ces « Bubbles » ne sont pas là en permanence, elles « se déplacent » en suivant le vent ou sont cachées sous la neige… La météo dans ces zones montagneuses est souvent très capricieuse, c’est impossible d’organiser des repérages. C’était le seul site où j’avais fait un pari sur le séjour avant de partir de France – en réservant 3 nuits dans une auberge au bord du lac, j’avais parié pour 6 chances donc 3 levers et 3 couchers de soleil – il y aurait au moins un lever ou un coucher avec des lumières désirées même la chance d’avoir un ciel avec des nuages tâchés de rouge ou de bleu était un grand luxe dans ces zone montagneuses canadiennes en hiver !
Les premiers 2 jours de repérage me paraissaient tout à fait ordinaires car il me manquait soit la bonne lumière soit les « bubbles »… néanmoins j’ai profité de cette occasion pour m’entrainer pour les prises de vue physiquement inconfortables – couchée à plat ventre sur la glace!

Ce fut le dernier matin sur place, une dernière chance donc ! La météo avait annoncé la pluie ! Qui sait, la pluie peut changer d’avis ! En tout cas il faut tenter pour la dernière fois… en approchant du lac, de loin, de très faibles rayons rouges apparaissaient depuis le fond des montagnes… Je me suis dépêchée car selon mon expérience un festin serait imminent… Les rayons rouges vifs se levaient comme un dragon en tâchant mon premier plan bleu – les « bubbles », merveilleux ! 

C’était plus que ce que j’attendais… sans confrères autour de moi, seule devant une telle scène, cela me paraissait extravagant… quand la toute première prise de vue a été effectuée, j’ai été choquée par cette beauté sur mon petit LCD avec ce contraste de température…A l’instant précis, tout s’est arrêté, le monde est devenu simple et silencieux, il n’y avait que cette beauté naturelle et moi ! Les 2 jours précédents étaient un entrainement efficace pour que je puisse m’installer « confortablement » avec mon trépied et mes outils, le vent fort parfois m’a emmenée quelques mètres plus loin sur la glace, je me suis amusée et j’ai recommencé mes cadrages… En quittant la région ce matin là, on m’a dit qu’il n’y a pas eu un tel époustouflant lever soleil depuis des années… Une magnifique récompense !

Givre par Grand Froid

Photographier la neige dans le grand froid me fait rêver comme beaucoup d’autres confrères… Féerique dans un monde tout blanc, c’est certain, mais un tel shooting relève aussi d’un véritable défi. Au delà d’une préparation minutieuse des matériels spécifiques pour résister au grand froid, il fallait tenir compte du fait que l’expérience d’un shooting à -30°C présente beaucoup plus de difficultés, ce n’est pas évident car on n’obéit pas toujours aux consignes quand il s’agit d’une belle vue apparaissant devant vous ! Les doigts et le nez trop longtemps exposés au froid deviennent très vite gelés et cela entraine des conséquences désagréables par la suite notamment des engelures.

C’est avec l’esprit d’une aventurière que je suis allée au nord de la Chine en rejoignant un groupe de photographes. Les provinces du Heilongjiang et Jilin sont connues pour leurs hivers longs et rudes avec une profondeur de neige qui atteint facilement les 2m.

Chaque moment de shooting était un moment court mais sensationnellement unique. Ces images me rappellent vivement ces instants magiques dans le froid extrême, j’étais couverte par un gros manteau me laissant seulement mes yeux visibles, le nez a été sauvé, mais les doigts avaient pris froid et les gelures de mes doigts me faisaient perdre pas mal de sensibilité du toucher lors de la pression sur le déclencheur…

C’est un phénomène d’hiver particulier de cette région dans la Province du Jilin… l’eau se vaporise à la rencontre du froid sur les branches des arbres… sa formation exige plusieurs éléments climatiques simultanés : du froid et de l’humidité la veille, un peu de vent et un beau temps le lendemain… une aventure climatique ! Après quelques heures de conduite, on est arrivés sur site… Quelle grande joie de découvrir ce dont on rêvait depuis le début du périple… alors, dépêchons- nous avant la disparition de ces éphémères frimois.

Ce fut une expédition extrêmement difficile. Il fallait une grande adaptation physique à cause d’un grand écart de température entre l’extérieur (-30°C) et l’intérieur (environ 30°C). Un tiers du groupe est tombé malade dès le 2ème jour… j’ai été épargnée jusqu’au 6ème jour lorsqu’une grosse fièvre m’a frappée en me rendant vulnérable et incapable de résister au froid pendant les 3 heures de shooting, mais j’avais déjà eu mes 6 jours de bonheur avant cet incident !

Ce fut un matin froidissime… Il faisait -24C°, rare pour un hiver « chaud ». Folle de joie devant un tel festin visuel, j’ai très vite installé mon trépied…. Avant de faire mes prises de vues, j’ai entendu des gros bruits puis des hurlements humains …un confrère est tombé dans le trou de cette rivière glaciale. La surface couverte par une couche de neige qui avait l’air bien gelée était en fait fragile quand on marchait dessus, elle s’est très vite effondrée.. 3 autres confrères ont été rapidement piégés durant cette petite heure… Heureusement que les secours étaient efficaces !

Pour voir de nombreuses autres splendides photographies de Yan Gu-Prévost, rendez-vous sur son site : youpic.com/yanguprevost

 

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